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19 novembre 2009
lettre à cécile
j'aurai pu illustrer ce billet avec la photo d'hier, mais je ne savais pas...
elle avait claqué la porte l'an dernier, laissant des regrets derrière elle,
elle avait débarquée sur une île quasi déserte où les mots avaient repris leur danse au fil des jours.
depuis hier soir, elle a largué les amarres et quitté son île en nous obligeant au silence.
j'avais égaré au fil des mois, mes mots, mais ses mots disaient si bien ses joies, ses peines,les aléas de la vie, ses doutes et ses angoisses, ses chagrins aussi et sa quête de vérité, sa vie, ses enfants, au fil des jours et il était rare que ses mots ne retracent pas des petits morceaux de moi.
je m'abreuvais à leur lecture comme d'autres rescapées.
nous sommes restées sur l'île, elle l'a quittée et c'est un vide énorme que j'entrevois.
au-delà des mots, c'est une amie que j'espère ne pas perdre.
cécile, tu me manques déjà.
10:18 Publié dans tous les jours | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note



























Commentaires
A moi aussi
Écrit par : maman de sixtine | 19 novembre 2009
Cécile qui? Si ce n'est pas indiscret?
Écrit par : osteolala | 19 novembre 2009
quand on est expat' une ou un ami qui s'en va c'est toujours un déchirement ....
Je l'ai vécu en septembre , et c'est vrai on se donne des nouvelles , on s'écrit , mais celui qui reste ressent un vide immense en passant par ces endroits où l'on déjeunait , se retrouvait etc ...
Courage !
Bisous ;
Écrit par : onira | 19 novembre 2009
oh je ne connais pas...mais une bien belle declaration!
Écrit par : rachel | 19 novembre 2009
* maman de sixtine, ....
* osteolala, cécile avait un blog privé ;)
* onira, oh non cécile n'est pas expat, c'est une blogueuse juste comme toi et moi. elle vit en france.
* rachel, ce billet n'était pas prévu, mais je ne pouvais faire autrement je suis toujours sous le choc de son dernier billet
Écrit par : silo | 19 novembre 2009
Les amies restent Silo ..Ne t' nquiète pas!
Écrit par : croix de provence | 19 novembre 2009
Marie a raison, les amies restent... et tu restes une amie...
Écrit par : cécile | 19 novembre 2009
les amitiés sont comme des histoires d'amour, elles nous apportent autant et nous déchirent aussi...
bises très très amicales...
Écrit par : andrée | 19 novembre 2009
Ton billet me laisse (presque) sans mots, et me fait réfléchir..
Écrit par : Ellemme | 19 novembre 2009
mais elle est bien en vie n'est ce pas...je viens de me prendre un coup au coeur la....on dirait l'annonce d'une mort...si c'est juste du silence,...alors vive le silence.
Écrit par : Tiphaine | 19 novembre 2009
oui ton coeur a encore reagit...cela a du bon...;o)
Écrit par : rachel | 19 novembre 2009
* oui je crois que tu as raison marie! heureusement ;)
* cécile, je t'ai tout dit par ailleurs ;)
* andrée, là c'était juste un choc parce qu'on se rend compte aussi à quel point parfois on peut dépendre d'un fil qui ne tient à rien....mais là, le fil est costaud, il ne rompra pas! ;)
* ellemme, c'est énigmatique non?
* tiphaine, ouiiii elle est vivante!!! mais pas vive le silence ;)
* rachel, ça pour réagir, il a réagit!!!
*
Écrit par : silo | 19 novembre 2009
Touchée par votre billet... par votre détresse ... Voilà qui résume en quelques lignes ma décision de prendre beaucoup, beaucoup de recul avec les amitiés virtuelles, s'il en est...Une porte qui se ferme brutalement, des liens tissés qui se rompent du jour au lendemain parce que l'une a décidé qu'Internet, c'est fini pour x raisons toutes légitimes bien sur, parce que l'autre n'avait besoin que d'une plage de liberté un temps donné pour s'exprimer et qu'elle passe à autre chose...et vous vous retrouvez démunie, en manque de ce lien qui s'était créé au fil de vos plumes respectives, sincère et pourtant au fond si léger, si ténu..
Mais n'est-ce-pas au fond que le reflet de la "vraie" vie, des portes qui se ferment, d'autres qui s'ouvrent...et on avance...
Je ne suis qu'une lectrice parmi d'autres, plutôt silencieuse, je ne connais pas la blogueuse dont vous parlez, mais j'ai éprouvé, là, le besoin de m'exprimer et aussi de vous dire que j'espère vraiment de tout coeur que cette amie saura rester votre malgré son silence "bloguesque".
Écrit par : Mapy | 19 novembre 2009
* mapy, heureusement il ne s'agit pas que d'une amitié virtuelle, je l'ai rencontrée cécile et puis j'avais moyen de la joindre et oui nous resterons amies malgré la distance ;)
mais oui je comprends bien ce dont vous parlez, c'est toujours très dur. et pui bien sûr c'est le reflet de la vraie vie, les portes qui s'ouvrent et se ferment.
merci à vous
Écrit par : silo | 19 novembre 2009
Ah ! Les mots de Cécile, oui, c'est quelque chose !
C'est drôle que tu parles de ça parce que, justement, après "la Porte ouverte", il y avait "L'île nue" et l'autre jour (avant-hier !!!), je m'étonnais encore de ne plus en retrouver le chemin. L'accès m'était fermé et je n'osais pas demander à Cécile la raison... Ce sont d'ailleurs sûremnt de très bonnes raisons que les siennes !
Mais il y a encore son blog couture... oui, je sais, ce n'est pas la même chose...
Écrit par : Albine | 19 novembre 2009
...c'est l'automne...
Écrit par : 3pom'! | 19 novembre 2009
Enigmatique oui, sûrement.. C'est que ton message me fait réfléchir sur ce que chacune des parties attends d'un blog, celle qui écrit et celle qui lit. Sur les liens qui se tissent entre les petites et/ou les grandes îles plus ou moins peuplées, sur l'intensité, la profondeur et la solidité de ces liens. Sur la question de reconnaître la qualité de ces liens avant qu'ils ne soient rompus.. tout ça, quoi :o)
Écrit par : Ellemme | 19 novembre 2009
Je me suis retrouvée avec nez à nez avec une porte fermée, il y a un an - puisque tu le dis - j'ai encore l'impression que c'était hier tellement les textes de Cécile sont restés vivants dans ma tête. Je comprends ce que tu écris. Dernièrement je suis tombée par hasard sur son blog couture et c'est au premier coup d'oeil que j'ai reconnu son style. Ce titre.. toujours excellent ses titres. Cela m'a fait plaisir de la retrouver sur un coin de la blogosphère mais en même temps il manque tellement ses mots.
Écrit par : zazaetc | 19 novembre 2009
Comme zazaetc... je me suis trouvée bien démunie devant la porte fermée...
Mais voilà c'était son choix de s'exiler sur une île lointaine!!!
Mais tous ses textes, ses mots si bien choisis, ses questionnements m'ont bien manqués!
Chère Silo, l'amie te reste, c'est le principal.
Mais il est vrai que quand on, est coupée du monde "habituel", c'est chouette d'&voir ces bulles internet dans lesquelles on peut se retrouver d'une façon ou d'une autre.
Écrit par : Capucine | 20 novembre 2009
* albine, non c'est pas la même chose quand même ;)
* 3 pom', t'as encore fumé de la moquette hier soir?
* ellemme, ça m'interroge souvent aussi maintenant que tu as précisé ;) c'est curieux quand même les blogs!
* zazaetc, ça je peux comprendre que ses mots te manquent.
* capucine, oui c'était son choix et c'est de nouveau son choix, choix que je respecte bien évidemment! oui l'amie reste mais voilà comme tu le dis les bulles d'internet quand tu es loin sont essentielles, bien plus importantes que certaines peuvent le croire....et puis quand tu suis certaines bulles depuis 3-4-5 ans, c'est un manque quand elles disparaissent!
Écrit par : silo | 20 novembre 2009
Oui les bulles internet sont essentielles pour pas mal de personnes, cela permet à certains de crier leur mal-être, ou heureusement plus souvent nous tenir au courant des dernières tendances de la mode, de la cuisine, de la couture maison ou encore nous faire rire avec le dernier bon mot du petit de la maisonnée!!!!
Écrit par : Capucine | 20 novembre 2009
Je ne suis pas sûre d'avoir compris le pourquoi de sa décision, que je respecte bien évidemment (d'autant plus que je me suis toujours sentie très privilégiée de pouvoir lire l'île), j'aurais juste préféré que ses deux derniers billets aient été plus joyeux.
Au fil des mois et des années je pense, je me suis attachée à ses mots et à ma dose de réflexion matinale.
Écrit par : blandine | 20 novembre 2009
Moi aussi, je m'étais cognée à la porte fermée et n'avais pu rejoindre l'île. Aussi je comprends ce manque et cette peine! Les billets de la porte m'avaient enchantée, fait réfléchir, ils me manquent toujours!! Bien sûr, il y a la couture avec parfois une piqûre de rappel, mais.....
Écrit par : catherine | 20 novembre 2009
Silo, ce que tu ressens aujourd'hui, je l'ai ressenti dans un grand claquement de porte un jour. Enfin, grand, non, discret et feutré plutôt. Mais le bruit a été fort pour moi, fort douloureux.
Et puis j'ai compris, et j'ai écrit, et je crois que si la porte est fermée, la main reste (pas coincée, hein ?!!!) mais tendue, pour peu qu'on prenne le temps de faire un signe, non ?
Je t'embrasse, ma douce.
Écrit par : telle | 20 novembre 2009
La lettre m'était adressée. Je me permets, avec l'accord de Silo, de faire écho aux commentaires que j'ai lus...
Parfois, on ferme des portes sans s'apercevoir qu'on les claque. J'ai eu besoin de me retrouver dans un espace restreint, un lieu qui se rapprochait de celui que j'avais souhaité à l'origine, lorsque j'ai posé mes premiers mots, sans trop savoir ce qu'ils deviendraient, ce que j'avais vraiment à dire... Au départ, il s'agissait de laisser une trace, non pas pour l'extérieur, mais bien pour nous. Un journal de famille, un journal de bord, un journal intime, dont peu connaissaient l'adresse. C'était un choix. Je ne me cachais pas mais ne cherchais pas autre chose que ce que j'avais : quelques lecteurs que je connaissais bien ou que j'apprenais à connaître, qui n'attendaient rien, si ce n'était ce rendez-vous quotidien. J'ignorais l'ampleur de la toile. Pendant des mois, mes mots ont vécu seuls et ils étaient bien ainsi.
Et puis, peu à peu, les visiteurs se sont faits plus nombreux. Je me suis prise au jeu, attendant toujours une réaction à ce qui restait intime, restant souvent sur ma faim. J'ai senti que je me laissais entraîner loin de mon projet de départ, que je cédais à cette ambiguïté un peu protocolaire et totalement démagogique, me sentant obligée d'ajouter quelques liens, de rendre les visites qu'on m'avait rendues. J'étais touchée, bien sûr, mais les journées n'avaient toujours que 24 heures et je perdais de plus en plus de temps en politesses... Or, je n'étais pas là pour être polie, ni même être lue, surtout pas en diagonale. J'étais là pour écrire et je me dispersais.
Je me suis attachée à certains de mes lecteurs, les plus réguliers, les plus assidus. Et, moi aussi, je me suis demandée pourquoi certains se taisaient un jour. Pour certains je me suis inquiétée. J'en ai voulu à d'autres de ne pas laisser de traces, de venir de temps en temps, de ne pas lire vraiment... Il n'y a pas de lecteur parfait, certes, mais j'ai toujours aimé la fidélité, de celle qui tisse vraiment une jolie toile autour d'un nom.
Un jour, j'ai compris que je nous avais mis en vitrine, mes mots, mes enfants et moi... Ce n'était pas ce que je voulais et je m'éloignais de plus en plus de moi-même, me forçant parfois, acceptant que certaines commentent les tenues des filles après un texte qui disait mes doutes... Je ne me sentais pas blogueuse, mais aux yeux des autres, j'en étais une et je n'étais presque que ça, un membre d'une grand famille qui comprend des codes et certaines obligations...
Le jour où j'ai découvert que certains de mes textes et photos avaient été copiés, il m'a paru clair qu'il me fallait quitter ce monde qui n'était pas fait pour moi, avouer que non, en effet, je ne pouvais être l'amie de toutes celles qui se retrouvaient en moi, que j'avais oublié mes amies d'avant pour faire de nouvelles rencontres, que le blog avait envahi les conversations et les emplois du temps, que j'avais cherché à plaire et que ce n'était pas moi... Alors, de mon côté, je n'ai pas entendu le fracas d'un claquement de porte, mais juste le cliquetis d'une clef qu'on tourne dans une serrure, pour se protéger, pour s'autoriser les confidences sans risquer les jugements, les avis, les silences... Je ne suis pas partie, je me suis protégée...
Ensuite, l'aventure est devenue différente. J'ai eu des vérités à écrire, des réalités difficiles que je n'avais pas envie de partager. Les confidences sont parfois plus violentes qu'une mise à nue. On ne va pas au hammam avec n'importe laquelle de ses amies... Alors, il m'a fallu choisir une nouvelle fois, en essayant de ne pas blesser. J'ai pensé à tort que je n'étais plus une blogueuse aux yeux de celles qui continuaient à lire ce qui était devenu un vrai journal, sans retenue. Il n'était pas question de "préférences" mais juste de liberté d'expression... J'étais amie avec certaines qui ne me lisaient pas quotidiennement, je pouvais rester amie avec d'autres qui ne me liraient plus. Mais ne pas accepter mon besoin d'éloignement, c'était limiter les relations à des liens de blogueuses, ce que j'ai toujours fui, comme le succès, les classements, les collectifs...
Mon blog de couture est artisanal, sans prétentions aucune, et j'ai plaisir à me dire que, quotidiennement, beaucoup viennent en silence y puiser des tutos, des patrons, des petits trucs que j'aurais aimé avoir lors de mes premiers pas en couture... Il est parfois question de la Porte et cela me surprend toujours...
Andrée a raison, les histoires d'amitié sont proches des histoires d'amour... On ne tombe pas amoureux tous les jours... Il faut accepter que les liens ne s'expliquent et que, parfois, ils se meurent...
Pour finir, Silo, je te le redis ici comme je l'ai fait ailleurs, ne laissons pas les blogs se mettre au milieu du lien qui s'est tissé, ce serait nous réduire à l'état de blogueuses... Pour vivre heureux, vivons cachés...
Écrit par : cécile | 22 novembre 2009
Comme je comprends les mots de Cécile.
Ne laissons pas les blogs se mettre au milieu du lien...
Écrit par : Katell | 23 novembre 2009
Merci Cécile d'avoir prit la peine d'expliquer... de donner des mots à ces tours de clefs!
Merci aussi de faire comprendre que l'on n'a pas de droits en venant lire un blog, mais des devoirs de respect envers celui qui nous confie des textes à lire, des photos à admirer.
Je serai moins amère dorénavant, comprenant mieux ce qui peut se passer et je me dirai que voilà, le temps des confidences est passé et qu'il me faut inventer la suite, gaie et joyeuse de préférence.
Pour ma part, je n'ai pas de blog, car je ne suis pas "artiste", mon écriture bof voilà... et je n'ai rien à offrir que de l'amitié.
Écrit par : Capucine | 23 novembre 2009
* cécile, merci pour ton message ici qui répondra à certaines ;)
Écrit par : silo | 27 novembre 2009
J'aime beaucoup ce texte de Cécile, qui met en avant le "code" et les "obligations" de la blogueuse, le sentiment de vitrine, les rapports avec les autres blogueuses parfois contradictoires. Bravo pour cette réflexion personnelle qui sort du consensuel sans être aigrie.
Écrit par : Fanny | 03 décembre 2009
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